Antonin Dvorak Quatuor à cordes n°14, opus 105
Quintette avec piano n°2, opus 81
AR RE-SE 2006-2
Le Monde de la Musique
Décembre 2006
Patrick Szersnovicz
Après avoir écrit en 1872 un Premier Quintette pour piano et cordes en la majeur dont il était lui-même déçu, Dvorák compose en 1887 son Quintette en la op.81. Cette partition, l'une de ses meilleures, reflète un optimisme unique dans ce répertoire. Belle autant que fragile, l'œuvre ne peut tout à fait être comparée aux plus grands quintettes pour piano et cordes (Schumann, Brahms, Franck, Fauré, Schmitt, Chostakovitch), mais elle a atteint le même degré de célébrité ; elle doit quelque peu à Schubert et à Schumann et beaucoup à Brahms, quoique ses inflexions slaves n'appartiennent qu'à leur auteur. Projeté avant le 13e Quatuor mais achevé après lui, le 14e Quatuor (1895) est l'ultime partition de chambre de Dvorák. Bien que construite en quatre mouvements, l'œuvre revient à l'ordre préclassique, présentant le scherzo en seconde position. Particulièrement développé, le rondo-sonate final débute au registre le plus grave du violoncelle avant de proposer comme un trop-plein d'allégresse.
Lauréates du Premier Grand Prix du Concours international de Bordeaux en 2001, les jeunes musiciennes du Quatuor Psophos mènent le 14e Quat uor avec un geste large, imposant un discours libre et précis, fait d'inflexions mélancoliques et d'emportements soudains. La cohésion de l'ensemble est exemplaire, assez éloignée des accents tchèques, mais gardant légèreté et transparence. La collaboration avec la jeune pianiste d'origine roumaine Dana Ciocarlie produit une interprétation du Quintette op.81 remarquable de nostalgie et d'équilibre.